du mercredi 14 au jeudi 22 juillet

La Malle Bleue, et les autres

La Malle Bleue

présenté par l'école de l'image Gobelins

Cette exposition fait suite à un projet mené au Mali, en avril 2009, par un groupe d'étudiants de GOBELINS, l’école de l’image, en formation Photographie option traitement de l’image, et de l'Institut National des Arts de Bamako. Ensemble, ils ont travaillé à la conservation, à la numérisation et au traitement de plusieurs centaines de photographies issues des fonds de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire (IFAN), des photographes Adama Kouyaté et Seydou Keïta.

L'exposition présente ici un ensemble de photographies totalement inédites autour d'un sujet commun : le portrait, traité par des personnalités différentes. Ces images sont le reflet de différentes époques, de la transition vers l’indépendance à la période d’émancipation de la jeunesse dans un pays devenu le Mali. Au studio de Seydou Keïta, les générations se croisent et le rituel photographique est encore nouveau ; chez Adama Kouyaté, les jeunes paradent et imitent la mode occidentale avec humour alors que l’instabilité politique règne.

Au croisement d’enjeux multiples, humains, esthétiques, techniques, ce projet partenarial a éveillé les étudiants (aussi bien du côté français que malien) à la valeur patrimoniale de la photographie et a conforté chacun dans sa volonté de prolonger cette expérience.

Coordination du projet :
Jérôme Jehel, photographe, enseignant aux Gobelins (Paris)
Alioune Bâ, photographe, intervenant à l'Institut National Des Arts (Bamako)
Emma Hernandez, photographe, diplômée des Gobelins

L'exposition sera le cadre de la projection du film "La Malle bleue et les autres, rencontre avec un patrimoine photographique au Mali"

Source : http://www.gobelins.fr

 

 

du dimanche 25 au vendredi 30 juillet

Ambiances #2 : Rituels Dogons

par Laurence Philippon

Photo Laurence Philippon

« Au Mali, la musique se vit. Elle fait partie intégrante d'un quotidien perpétué, où gestes ancestraux sont naturellement réitérés depuis des générations. Respect des traditions, transmission des savoirs et de l'histoire, des statuts et des valeurs, rappel des codes et des savoir-être ... Griots, artistes, chefs de villages, vieux sages ou marabouts deviennent alors incontournables dans cette éducation à la vie.

La musique éduque, enjolive, informe, égaye, rempli et accompagne chaque malien au quotidien. Avec plus de 23 ethnies et 300 dialectes, le Mali est un pays où l'expression de la diversité culturelle se manifeste à travers différentes AMBIANCES ... Ambiances que l'on traverse, vit et partage au cours d'un long voyage en immersion.

Sur les traces des plus grands messagers du Mali, je suis partie à la rencontre d'artistes dont le dévouement et le travail invitent à l'écoute et au respect.

De vrais duos entre Hommes et instruments... dialogues avec les forces de la nature... »

« A M B I A N C E S ... de Bamako au Sahara » est une exposition en #5 épisodes qui propose de mêler images & sons. #5 ambiances pour rencontrer ces artistes, partager leur imaginaire et entrevoir leurs perceptions.

Afrikabidon vous propose un voyage en pays Dogon : AMBIANCE # 2 : « Rituels Dogons ».

« Merci, nous avons vu le soleil ! » Dit-on en pays Dogon avant de parler des coutumes et traditions…

Pas d’écrit, Pas de papiers, seule la parole reste… Parole des vieux sages du village qui transmettent le savoir, les coutumes et l’art de vivre dans la société Dogon. Imposer des limites pour mieux organiser la société, pour mieux vivre et profiter de l’harmonie de la vie. C’est une sorte d’organisation que personne ne peut délaisser tant son importance est grande. Ainsi, chaque geste du quotidien est dicté par des rituels, accompagné par des cérémonies et des sacrifices, dans un langage codé et surveillé.

La poussée du mil annonce les premières cérémonies… Du "Sa Togono" au "Bilé", de la levée du deuil aux Daniés, ou encore lors du "Tabatolou" ou du "Yayimi", de la circoncision ou des mariages… Tant d’occasions pour s’adresser à Ama et combler sa volonté, pour rappeler les règles et célébrer l’appartenance à cette société. Une musique pour chaque évènement, des instruments précis et des rythmes dictés par l’Histoire. De la musique pour encourager, musique du bonheur ou musique du mauvais sens… Comme tout le reste, la musique en pays Dogon prend une place importante et significative, toujours en écho avec la cosmogonie et les croyances ancestrales. Un monde fascinant, clos, organisé, qui ne se laisse pas pénétrer facilement et dont les secrets restent sagement dans l’âme des griots.

Voici un témoignage du Chef des Griots de Djiguibombo, non loin de Bandiagara…

http://ambiancesdumali.blogspot.com

 

 

du dimanche 1er au vendredi 6 août

Une autre vie

par Monique (peintures) et Serge (photos) Fauve

Photo Serge Fauve

« Après 3 séjours au Mali et une visite au Burkina Faso en utilisant les transports locaux et en étant hébergé chez l’habitant, nous avons découvert "une autre vie".

C’est cette autre vie, et aujourd’hui principalement celle du quotidien de ces femmes merveilleuses, que nous voulons vous faire découvrir à travers ces photos et peintures.

Prenez en conscience en regardant :

Le sourire de cette femme fière de sa récolte d’arachides,
Cette épicerie où le superflu n’existe pas et le minimum tout juste,
Ces vendeuses sur le marché, dans la rue, au bord de l’eau qui vous offrent le fruit de leur labeur pour trois francs six sous et les réinvestissent aussitôt dans l’essentiel du jour,
L’eau qu’il faut aller puiser et rapporter sur de (trop) longues distances
L’inconfort de leur vie où gaz et électricité sont inconnus,
Le dur travail , dans une joyeuse cacophonie , de ces jeunes chercheuses d’or
La rudesse du pilon pour préparer la farine, aliment de base du jour, de tous les jours,
Cette vieille femme qui a pu enfin s’offrir une paillote, élément minimum de confort,
Cette fierté d’avoir des enfants, de les élever dans le respect des autres,
Leur bonheur au quotidien où simplement vivre et nourrir leur famille sont déjà la réussite,
Leur merveilleux accueil où elles vous donnerons, sans se poser de questions, sans arrière pensée, leur unique plat du jour, simplement pour vous faire plaisir,
où l’envie du « toujours plus » n’existe pas,
Leur simple joie de vivre, dans des conditions qu’il vous reste à imaginer.

Et posons nous la question de notre bonheur à nous, les esclaves de la société de consommation »

 

du dimanche 8 au vendredi 13 août

Sables mouvants,
jeunesse(s) de Nouakchott

par Chloé Devis

Photo Chloé Devis

Comment vit-on, à quoi rêve-t-on, lorsque l’on a vingt ans à Nouakchott, capitale à peine cinquantenaire de la Mauritanie? Quand le cheminement fragile vers l'âge adulte s'opère dans une ville elle-même en train de s'inventer, au sein d'une société aux repères ancestraux chamboulés?

Dans la vaste république islamique aux trois millions d'habitants, à la croisée des Afriques "blanche" et "noire", le nomadisme a quasiment disparu en quelques décennies et la vie rurale cédé le pas à une urbanisation chaotique.

La démocratie officiellement rétablie en 2005 peine à se frayer un chemin entre coups d’Etat à répétition et tensions sociales chroniques.

Loin des terres et des modes de vie de leurs aïeux, mais souvent élevés dans la nostalgie du passé, les jeunes de la « cité des sables », qu'ils soient noirs, maures ou haratines (descendants d’esclaves affranchis), composent avec des codes sociaux enracinés dans le passé, et des aspirations profondes à la modernité. Les appartenances communautaires et tribales demeurent fortes, sans être aussi étanches qu'avant. Boubous et mellafahs (voiles féminins) riment volontiers avec jeans et téléphones portables. La religion et la famille gardent une place prépondérante dans la vie de chacun, mais n'empêchent pas de s'approprier des espaces d'autonomie, des modes d'expression nouveaux. Ainsi naît un idiome de rue fécondé par les différentes langues parlées en Mauritanie, tandis que les instruments traditionnels des griots flirtent avec la guitare électrique, voire le rap, si populaire à travers le pays. Le stade, la plage, les "fast-food", mais aussi les maisons des jeunes, font partie des lieux de rendez-vous où l'on peut se distraire, nouer des amitiés ou plus si affinités, à l'abri des regards des aînés...

Le manque de moyens et d’infrastructures, les difficultés à accéder à la fac et à l’emploi, forment autant de raisons de regarder vers l’Occident. Mais la floraison des associations, à vocation sociale, sportive ou culturelle, témoigne aussi d’une envie largement partagée de défier la résignation. Comme le scande le rappeur Monza : « L’Eldorado est ici, en République de Mauritanie ».

Chloé Devis est née en 1976, vit à Paris. Après des études de journalisme, elle a travaillé pendant quatre ans au Figaro avant de suivre la formation à la photographie du centre Iris (Paris).
Aujourd'hui photographe et rédactrice free-lance, elle se partage entre travaux personnels, et commandes en presse, institutionnel et communication.
Elle a notamment suivi pendant deux ans la vie des habitants du squat de Cachan, et effectué plusieurs reportages en Mauritanie. Elle vient de réaliser un travail autour de l’histoire d’une partie de sa famille en Argentine. Enfin, elle mène un projet au long cours avec une preneuse de son, Aline Chambras, sur un village de la vallée du fleuve Sénégal dont elle photographie en parallèle les émigrés en région parisienne.

http://www.chloedevis.com